Dans l'univers d'ECLIPSE : portrait de l'Association Réunionnaise de Pastoralisme

L’Association Réunionnaise de Pastoralisme (ARP) est un organisme de conseil et de développement agricole qui accompagne les éleveurs bovins, ovins, caprins et équins dans la gestion de leur système fourrager, de l’implantation des prairies à la valorisation finale du fourrage produit. Elle accompagne les exploitations dans leurs projets d’aménagement foncier et pastoral, conseille les exploitants et exploitantes sur la conception et la gestion au quotidien de leur système fourrager et assure une expertise sur la qualité des fourrages produits et leur valorisation.

éleveur zébu Moka sous bananiers © E. Le Merlus, Cirad.

Éleveur zébu Moka © E. Le Merlus, Cirad

Depuis sa création, l’ARP travaille en étroite collaboration avec les coopératives agricoles (FRCA, SICALAIT, SICAREVIA, OVICAP, URCOOPA), les organismes de développement agricoles (Chambre d’Agriculture, GDS), l’interprofession (ARIBEV) et les instituts de recherche (CIRAD, INRA) pour développer la production fourragère des élevages réunionnais et, in fine, leurs résultats technicoéconomiques. Pour ce faire, elle s’est fortement impliquée dans la conception du programme du RITA Animal, opérationnel depuis juillet 2015, et coordonne les actions « fourrage et alimentation ». L’association est financée, pour partie, par l’Europe, l’ODEADOM et le Conseil Départemental de la Réunion, pour ses missions de conseil, de maîtrise d’œuvre, d’expertise et d’expérimentation.

Dans le cadre du projet ECLIPSE, l'ARP collabore avec le Cirad à la mise en place d'un suivi de la croissance de l'herbe sur l'île de la Réunion. En effet, les professionnels du conseil agricole font le constat depuis une dizaine d'années d’une stagnation des rendements fourragers, bien inférieurs aux potentiels. Il a également été observé des pénuries fourragères régulières, notamment lors de la saison sèche, qui ont été accentuées, ces cinq dernières années, par des épisodes de sécheresses, ayant en retour nécessité l’importation de fourrage par les filières. Une des principales causes de ces pénuries saisonnières de fourrages semble être un défaut d’optimisation des cycles de pâtures et un manque d’anticipation de la part des éleveurs dans la gestion des stocks fourragers. Cela est lié, pour partie, aux manques de connaissances sur les dynamiques de croissance des couverts prairiaux, au cours de l’année, dans les différentes micro régions fourragères de l’île.

La mise en place d’un tel suivi nécessite certains développements méthodologiques préalables afin qu’il soit opérationnel et produise des indicateurs permettant d'optimiser en temps réel la gestion des parcellaires fourragers. Ce travail méthodologique a été initié dans le cadre d’Eclipse phase 1 et sera poursuivi sur Eclipse phase 2, avec l’établissement d’un référentiel sur la densité de l’herbe et ses facteurs de variation (espèce, saison, zone).